« Ticket d’entrée »

Franchement corrosif, drôle, polémique, le nouveau roman de Joseph Macé-Scaron (directeur adjoint de l’hebdomadaire « Marianne », directeur du « Magazine Littéraire ».) ne manque pas de piquant. Au travers d’un personnage détonnant, Benjamin Strada, l’auteur a rédigé un roman qui ressemble beaucoup à une autobiographie qui ne dit pas son nom. Il décrit avec malice la vie d’un homme qui réside à Paris et baigne dans les hautes sphères du journalisme et fait partie de la crème des journalistes parisiens, au vu de son poste dans le magazine « Le Gaulois ». Il raconte les journées de travail, les rencontres, les soirées plus ou moins huppées du tout-Paris, les voyages de cet éminent journaliste qu’est Monsieur Strada.

Au travers de son personnage principal, l’auteur montre aussi les bons comme les mauvais côtés de la vie d’un journaliste à Paris. Il ne cache rien de la vie de ce journaliste parisien, le fameux Benjamin Strada, même les moments les plus intimes.

Profitant d’un week-end avec son compagnon à Barcelone, il ne cache rien de leur vie intime  « Je ne pouvais plus retarder la chose. Je l’aidais à se mettre à quatre pattes et m’activait sur un rythme qui pourrait passer non pas pour de la passion mais pour de l’intérêt. Tout à coup, Renaud se retourna et saisit ma queue. (…) Je n’étais pas un égoïste et je terminai ma besogne jusqu’à ce que Renaud ait poussé un grand cri qui, cette fois, devait être de plaisir. »
Tant il détaille sa vie privée jusque les moindres recoins de sa vie intime, tant l’auteur ne cache rien non plus des avantages qu’offre son statut et des rencontres qu’il fait, notamment avec les grands patrons de presse, tel Charles Sabot, et d’éminents confrères comme Georges Piot, dans le livre. « J’arrivais dans son bureau. (…) Il fallut cinq jours aux eaux pour se retirer, à la terre pour émerger et cinq heures au Gaulois Magazine pour se doter d’un nouveau rédacteur en chef. L’ancien, Georges Piot, m’accueillit en fumant une cigarette américaine dans son fauteuil pivotant allemand. Sur son bureau danois très brillant, il avait appuyé deux chaussures italiennes très luisantes qui, s’y reflétant, avaient l’air de quatre chaussures italiennes. J’étais assis, très raide, face à lui, avec une expression déférente et mes pieds étaient vrillés l’un à l’autre. »…

Un très bon roman, ressemblant à une autobiographie qui ne dit pas son nom. Joseph Macé-Scaron a d’ailleurs reçu, en juin dernier, le Prix de la Coupole 2011 pour ce livre

« Ticket d’entrée »
Joseph Macé-Scaron
Editions Grasset / 18,05 euros

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