« La Zonzon »

Ce livre dénote, déconcerte, détonne. Il surprend agréablement.
C’est un  très beau roman écrit par un professeur de philosophie qui donne, notamment, des cours en prison, mais ce n’est pas un roman comme les autres.
Par un vocabulaire très franchouillard, sans jamais tombé dans la médiocrité ni la vulgarité, Alain Guyard raconte les aléas de la vie de trois hommes dont l’un donne des cours de philosophie en prison, comme l’auteur lui-même.
Même si parfois les descriptions physiques des personnages qui font leurs apparitions au fur et à mesure du roman sont trop minutieuses, cela, qui semble indigeste et interminable au début,  se fond finalement dans le récit sans trop de difficultés.
« Le Kalinka était tenu par une Ukrainienne mastarde conjuguant tous les verbes à l’infinitif, blonde, michonnée et pommettée comme une gravure de mode stalinienne. Momo, en bon musulman, y consommait en terrasse un café-verre d’eau. Ou alors quand il n’y avait pas trop de ses coreligionnaires, un verre à thé de finasseries en faux or fin, vermeilles et émeraudes, qui dissimulaient du pastaga. Rocky Malteste, assis à côté de Momo, s’était mis au rosé avec une application toute sportive. Il y a quelques années encore, il ne se le serait pas permis : il tenait trop à sa ceinture abdominale. »
Alain Guyard signe un chouette roman, « à part », un vrai roman franchouillard très sympa mais aussi très cru.
« La zonzon »
Alain Guyard
Editions Le Dilettante / 20€
http://www.ledilettante.com/fiche-livre.asp?Clef=1094

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