« Ils vivent dans une prison dorée ! »

Jeune journaliste française, trentenaire, Marie Freyssac, 30 ans, a tout quitté, en répondant à une annonce du Pôle Emploi, en 2011 pour devenir gouvernante ! Un changement de vie aussi radicale que mémorable. Elle le raconte dans le livre précédemment chroniqué et nous en dit plus. Rencontre.
Les Bons Bouquins : « Comment passe-t-on de journaliste/pigiste à Paris, à gouvernante dans une riche famille russe ?
Marie Freyssac : « Je bossais sur Paris, comme journaliste. C’est ma vraie profession. Mais, depuis quelques temps, je voulais voir tout autre chose. Je suis, depuis longtemps, passionnée par la culture russe. Je voulais partir, là-bas, pour y travailler. J’ai trouvé cette opportunité par le Pôle Emploi. J’ai rencontré à Paris, mes futurs employeurs, puis je suis parti là-bas. Je ne suis revenue en France, en fait, que depuis le début de la promotion du livre, c’est à dire, il y a trois à quatre mois, à peine.
LBB : Dans le livre, vous racontez l’anniversaire d’une des filles de la famille. Elle est véritablement couverte de cadeaux en tous genres (des robes haute couture, un téléscope qu’elle délaisse rapidement, un I-Pod…..). Quels souvenirs avez-vous garder de cette fête-là ?
M.F. : « C’est caractéristique de ce que j’ai vu et vécu là-bas. C’est complètement fou ! Elle a des robes somptueuses, toutes de grands couturiers. Elle mange dans ce restaurant étoilé, privatisé pour l’occasion, avec ce grand chef italien, sur place suite à l’insistance de la famille. J’ai su peu de temps avant qu’on allait fêter son anniversaire, mais je ne m’attendais pas du à tout cela. Je m’en doutais, vu la famille ou j’étais, mais tous ces cadeaux…. En plus, la famille avait sollicité des animateurs pour cette journée, donc, l’employée russe et moi n’avions rien à faire.
LBB :  Justement, comment se passait votre vie sur place ?
M.F. : Je travaillais chez eux, certains jours de la semaine. Je m’adaptais totalement. Je m’adaptais à leur agenda. Un jour, ils m’ont demandé de venir avec eux, du jour au lendemain, deux semaines entières à Monaco, où ils possèdent un logement et un yacht sur place.
Bdl : Le yacht, la luxueuse maison à Moscou, l’anniversaire avec les cadeaux à l’infini, la vie de luxe, etc… Comment pourriez-vous définir leur vie, vu de l’extérieur ?
M.F. : Ils vivent dans une prison dorée. Ils ne sortent jamais dans le centre-ville de Moscou pour une promenade. Ils vivent dans le quartier de Roubliovka qui est excentré du coeur de Moscou. Ils évoluent dans un monde clos, dans un quartier de gens aisés, d’hommes d’affaires qui ont réussi. Venir se promener dans le centre de Moscou pour une simple ballade, cela ne leur viendrait pas à l’esprit. Ils penseraient même que cela serait dangereux pour eux, physiquement.
LBB : L’expérience chez les Sokolov (le nom a été modifié par l’auteure lors de la rédaction du livre et restera confidentiel, ndlr) est à présent terminée. Que faites-vous désormais ?
M.F. : Après cette expérience, je suis longtemps restée là-bas, comme journaliste-pigiste, à Moscou. Je reprends mes activités de journaliste à Paris, mais j’envisage de retourner travailler, en tant que pigiste, à Moscou à la fin de cette anne, voir au début de l’année 2014.

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