« J’étais un chef de gang »

On s’attend à lire un ennuyeux roman d’un mec qui empile les banalités teintées d’arrogance les unes après les autres en expliquant qu’il était le roi des banlieues parisiennes durant x années….. Et Non ! Ce n’est pas du tout le cas !

Concis,  lucide,  Lamence Madzou aurait pu devenir un citoyen français comme un autre. Réussir ses études, trouver un job sympa et tant qu’à faire bien rémunéré. Mais non, la vie en a décidé autrement pour lui. Il a grandi dans une banlieue parisienne difficile et très vite, il est « tombé » dans l’engrenage de la violence et dans une véritable guerre entre quartiers les plus chauds d’Île de France*

 » Dès le début, quand j’avais quinze, seize ans, je me suis fait un nom seul, dans les bagarres, au fur et à mesure des embrouilles, et les embrouilles, ça pleuvait. Quand il fallait se battre, j’étais toujours devant. Quand il fallait motiver les autres, c’était moi qui le faisais. Je menais la troupe sans m’en rendre compte………. »

Tout est dit dans ce paragraphe au début du livre. C’est un jeune homme de banlieue qui s’est naturellement et progressivement imposé  comme un chef de gang, un vrai.
Bagarreur quand cela s’imposait, fin négociateur prêt à des alliances de circonstances parfois, prêt à en découdre, toujours !

« J’étais un chef de gang »
Lamence Madzou
Editions La Découverte.
9 euros

« Un léger passage à vide »

Touchant…

• Touchant, car  concis et sincère, ce touche à tout raconte certains moments de sa vie qui l’ont marqué,
• Touchant, car sans fard, cet auteur raconte les bons (naissance de son fils) comme les mauvais moments de son existence (crise de manque de drogue…).

« Je suis contre le mur extérieur de la clinique Jeanne-d’Arc à Saint Mandé. J’ai annulé la promotion de mon dernier livre. Je ne veux pas encore entrer. J’ai dix minutes d’avance. C’est énorme dix minutes quand on y pense. Je termine mon flash de whisky et la coke en toute décontraction. Un coup l’un, un coup l’autre. Une certaine façon de leur dire adieu……. »
Lui que l’on voit toujours caustique, drôle, jovial à la télé se dévoile ici dans les moindres recoins de sa vie privée, sa vie intime, en toute simplicité….

« Un léger passage à vide »
Nicolas Rey
Editions Au Diable Vauvert.
17 euros.

« Marine Le Pen »

Tout le monde connaît la petite bouille blonde souriante de la fille de Jean-Marie Le Pen. Mais exceptés les dérapages verbaux réguliers et parfois physique (Agression de la maire de la ville de Mantes-La-Ville, le 30/05/1997) de son père qu’elle a globalement défendu plus ou moins ouvertement, on connait finalement assez peu, Marine Le Pen.
C’est sûrement en partant de ce principe là que Caroline Fourest (ex n°2 de Charlie Hebdo et chroniqueuse pour le quotidien « Le Monde ») et Fiammetta Werner (journaliste et romancière française) ont multiplié les interviews des proches et des ennemis plus ou moins déclarés de la fille du créateur du Front National, les recherches sur ces déclarations et son enfance ainsi que dans les archives et notamment de l’Institut National de l’Audiovisuel (INA) pour décrire avec une remarquable précision l’enfance, la vie de femme et la carrière politique de Marine Le Pen.
Celle qui a repris le flambeau en janvier 2011 à la tête du parti frontiste est un animal politique hors-norme qui joue notamment sur un « positionnement » politique plus ou moins instable de femme laïque à la fois fidèle à des principes et moderne.
C’est cette ambition politique, ce positionnement complexe dans le jeu politique nationale que décortique les deux journalistes françaises dans ce livre, tout en oubliant pas, chiffres et statistiques à l’appui, de démonter méthodiquement certains arguments régulièrement affirmés par Marine Le Pen.
En somme, à quelques mois d’une élection présidentielle ou la leader frontiste pourrait jouer les troubles-fête, les deux journalistes ont écrit LE livre qu’il faut avoir lu pour bien connaître la benjamine de la famille Le Pen.
« Marine Le Pen »
Caroline Fourest & Fiammetta Venner
Editions Grasset.19€
site web de l’éditeur : http://www.grasset.fr/textes/accueil.htm

« Non-lieu, un psychiatre en prison »

Après avoir lu les 360 pages de ce passionnant récit, on comprend mieux à quel point les prisons françaises sont déshumanisées et malades. L’auteure, Christiane de Beaurepaire, a été psychiatre en chef durant de très longues années à la prison de Fresnes, dans la banlieue parisienne. Au travers de ce récit, la spécialiste détaille, sans chiffre à l’appui mais avec ses mots à la fois durs et lourds de sens, le mal-être et les difficultés, les siennes comme celles de ces détenus qu’elle a eus comme patients. Certains voulant mourir, d’autres étant complètement désoeuvrés, perdus….. Sans les nommer, elle cite certains des détenus hommes et femmes qui l’ont marquée dans sa carrière. Comme cette femme qui a tué ses propres enfants et qui a tenté de se suicider à plusieurs reprises.
« On ne sait rien au début. Une femme est triste. Elle a tué ses enfants. Comment pourrait-elle sourire ? Mais elle vit aussi ou plutôt encore. Car elle a voulu mourir avec ses enfants, elle a tout tenté. (…) Elle est longtemps restée inconsciente en réanimation. (…). Elle apprend peu à peu que les enfants sont morts. Qu’elle les a tués. (…). L’énigme (de cette femme) trouve son énoncé dans ce paradoxe : cette femme qui devrait être morte, vit justement parce qu’elle est morte.
En racontant, simplement, son vécu, sa carrière, Christiane de Beaurepaire apporte ici un témoignage cru et sans concession sur la vie à l’intérieur de l’une des plus célèbres prisons françaises.
« Non-lieu. Un psychiatre en prison »
Christiane de Beaurepaire
Editions Fayard. 19€
site web de l’éditeur : http://www.editions-fayard.fr/Site/CtlPrincipal?controlerCode=CtlEvenements&requestCode=afficherListeEvenementsALaUne&IDSITE=061&choixNew=0

« Paroles prisonnières »

Inimitable Raymond Depardon,
Ce livre est un condensé d’échanges extraits de deux de ses films « Délits flagrants » (paru en mai 2004) et « 10e chambre, instants d’audience » (paru à l’automne 2003). Seuls les identités ont été modifiés pour d’évidentes raisons de sécurité et de respect des vies privées des personnes.
Ces échanges ont réellement eu lieu dans des salles d’audiences du tribunal correctionnel de Paris.
Au travers de ces dialogues, parfois surréalistes dans un prêtoire, l’écrivain français montre sans fard tout ce qui peut se passer devant un tribunal. Agressions, conduites en état d’ivresse, détention de diverses armes prohibées, tout y est raconté, simplement, crûment par ce spécialiste du documentaire qu’est Raymond Depardon…
« Paroles prisonnières »
Raymond Depardon
Editions du Seuil
14,25€ 
site web de l’éditeur : http://www.seuil.com/

« Le banc des soupirs »

Intriguant, spécial, perturbant……
Anne Goscinny signe avec ce 4e roman (chez Grasset.) un livre qui ne peut laisser le lecteur insensible. Durant près de 180 pages, avec son style d’écriture aussi vif que concis, l’écrivaine raconte les jours suivant un crime et l’enquête menée par la police dans la bourgeoisie intello d’une grande ville française…
extrait : »Pierre avait débouché un très bon vin, un corton-charlemagne, je crois. Et moi j’avais fais un civet de chevreuil et mis une jolie table. J’avais reproduis à l’identique un décor photographié dans un magazine. De cette façon, j’étais sûre de ne pas me tromper. Et puis Eléonore était déjà là. Personne n’était dupe, pas de hasard, ici. … »
Raconté en chapitre correspondant soit aux premiers jours suivants un crime soit à un personnage clé du roman, la police mène l’enquête auprès de l’entourage de la victime. Parmi les proches du défunt, un psychanalyste réputé qui n’était autre que l’époux de la victime.  Un docteur aux moeurs et aux habitudes plus qu’étonnantes….
Auteur déjà du « Père éternel » qui lui avait valu le Prix de la Wizo en 2006, Anne Goscinny livre ici un récit plein de rebondissements avec une tension larvée qui monte en puissance tout au long jusqu’au résultat final particulièrement surprenant.

« Le banc des soupirs »
Anne Goscinny
Editions Grasset.
12,40€.
site web de l’éditeur : http://www.grasset.fr/textes/accueil.htm

« Ce que j’appelle oubli »

Captivant et dérangeant à la fois !

Ce livre inspiré de faits réels
( la mort d’un homme errant, probablement SDF battu à mort par 4 vigiles d’un supermaché, plus d’infos ici : http://www.leparisien.fr/faits-divers/mort-d-un-jeune-sdf-le-procureur-accable-les-vigiles-31-12-2009-760804.php), ne laissera aucun de ceux qui le liront, indifférent, froid…

Captivant par la faculté qu’a l’auteur à pousser son lecteur dans l’Histoire, dans le récit. Le lecteur se retrouve quasiment aux côtés de l’homme errant ici tabassé à mort.

Laurent Mauvignier considère à de nombreuses reprises le lecteur comme le frère de la jeune victime. Et c’est justement cette « intégration » par l’écrivain de son lecteur à l’histoire qui rend le récit aussi saisissant et dérangeant à la fois.

En plus, et de façon plus « pragmatique », l’auteur a un style bien à lui. Un style qui sied très bien au fait ici relaté. Il est capable de décrire durant 2 pleines pages, l’attitude passive malgré lui du jeune qui voit la mort approchée. Laurent Mauvignier sait à merveille se glisser dans la peau de la jeune victime comme si c’était lui-même : « ….je vais retrouver mon souffle, ça ne peut pas finir ici, pas maintenant….. »

Laurent Mauvignier signe avec « Ce que j’appelle oubli », un essai particulièrement réussi, écrit avec son style fluide et inimitable, inspiré de faits réels à la fois captivant par l’implication qu’il met dans son lecteur contre le gré de ce dernier. Le récit par l’auteur des faits commis est saisissant de dureté et de précision…. Un livre qui ne laisse personne indifférent !

« Ce que l’on appel oubli »
Laurent Mauvignier
Editions Les Editions de minuit
7€

« Et qui va garder les enfants ? la vie privée des femmes politique »

Inutile, sans réelle information, ennuyeux…

Ce livre est bon pour les WC.. Toutes les « infos » écrites dans ce livre sont déjà dans l’inconscient collectif. On n’apprend rien de nouveau sur les vies de Christine Lagarde, Rachida Dati, Martine Aubry, Fadela Amara, Marine Le Pen……

Un exemple d’info qu’on sait déjà et qui est écrite en toute lettre dans le livre ? Ok….    « Martine Aubry est l’actuelle Maire de Lille »….   une autre ? Ok…. « Christine Lagarde a dirigé durant quelques années le comité directeur d’un cabinet d’avocats basé à Chicago ». Ok, mais quand elle avait été nommée à Bercy au ministère des Finances, les médias n’avaient parlé quasiment que de ça à propos d’elle…

A la fin de la lecture de ce livre, j’ai envie de répondre à la question qui sert de titre au livre…… « Qui va garder les enfants? » En continuant à écrire des livres si peu intéressant, c’est vous, Béatrice Massenet, auteure de ce navet littéraire qui êtes parti pour tous les avoir à garder !

A Eviter !

« Et qui va garder les enfants ? la vie privée des femmes politiques »
Béatrice Massenet
Robert Laffont.
17 euros.

« La Garde à Vue – un résidu de barbarie »

Un livre totalement dénué d’intérêt.

L’auteur, pourtant talentueux avocat parisien, aligne comme des petits pains les poncifs avec une déconcertante facilité. Il y en a tellement qu’en sortir un pour le citer ici…

Plus de 200 pages ou, finalement, l’avocat apporte sa pierre à l’édifice de la bataille contre cette ineptie juridique française qu’est la garde a vue, mais dont le propos se noie dans une série d’infos d’intérêts franchement.

Ce sont même ces dernières qui ternissent la qualité du texte global, car la réflexion du juriste qu’est Jean-Yves Le Borgne est très intéressante
En résumé, Jean-Yves Le Borgne a écrit un livre assez ennuyeux sur un thème pourtant tellement passionnant !

« La garde à vue – un résidu de barbarie »
Jean-Yves Le Borgne
Editions Le Cherche Midi / 14.25€
Site web de l’éditeur : http://www.cherche-midi.com/

« Le Pacifique à mains nues »

Ce livre est une passionnante incitation aux voyages et une ode à la
liberté d’entreprendre !

Tout au long de ses 180 pages, Maud Fontenoy nous fait vivre comme si on était dans son bateau sa traversée du pacifique à la rame. Elle ne cache rien et se livre entière dans son récit. Elle qui aurait pu faire une description positive à l’excès de son voyage, ne ment pas.

Elle décrit ses moments de craintes comme lorsqu’elle se retrouvez nez à nez avec un « bulldozer des mers », « un cargo de plus de deux cents mètres de long », de doutes, de solitudes quand ses proches lui manquent trop. « De minuscules nuages blancs et gris clair me font penser aux signaux de fumée d’une tribu sioux. J’imagine que ce sont tous ceux qui, pensant à moi sur terre, m’adressent de bouleversants signes de tendresse. »

Dans un style léger, libre, naturel et sans détour, Maud Fontenoy se livre avec intensité et sincérité au travers de ce récit qui, parfois, se perd dans d’inutiles et interminables détails…
« Le pacifique à mains nues »
Maud Fontenoy.
Editions Robert Laffont / 17 €

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