« World Trade Center, 47e étage »

11 septembre 2001, Une date rentrée dans l’Histoire du monde en quelques secondes !

Tout le monde se souvient ce qu’il faisait quand ces deux attentats ont eu lieu. Bruno Dellinger, lui, est probablement marqué à vie par cela, quoi qu’il en dise. Ce français, installé à New-York, avait sa propre société installée au 47e étage de la tour n°1 du World Trade Center. Ce 11 septembre 2001 est gravé dans sa mémoire. Il en parle avec une rare intensité.
« J’allume mon ordinateur, je consulte mes e-mails. Pendant ce temps, Suzanne et Jonathan arrivent à quelques minutes d’intervalle. (…) Il manque encore Arnaud, le stagiaire, qui arrive du Connecticut : les trains ne sont pas toujours à l’heure. »

Voilà comment avait commencé, pour lui, cette banale matinée du 11 septembre qui, quelques minutes plus tard va basculer dans l’horreur.

« J’ai pourtant bien discerné qu’il s’agissait d’un avion.  (…) Soudain j’entends le vrombissement strident de l’appareil qui s’approche à toute allure. A peine ai-je le temps de relever la tête de mon ordinateur et de regarder par la fenêtre qu’un impact d’une violence inouïe ébranle le bâtiment. »
Dès cet impact, rien, pour lui, ne sera plus comme avant. Dans cet attentat, il a perdu de nombreux amis et collègues qu’il croisait tous les jours au travail. Ce livre ressemble, pour lui, à une thérapie pour extérioriser cet évènement inédit qui a marqué la planète entière et qu’il a vécu de l’intérieur, malgré lui…

« World Trade Center, 47e étage »
Bruno Dellinger
Editions Robert Laffont.
15,70 euros

« La semaine où Jérôme Kerviel a failli faire sauter le système financier mondial »

Tout est dit dans le titre de ce pamphlet de 335 pages !
Ecrit par l’ex-directeur de la communication de la Société Générale, Hughes Le Bret, ce livre raconte sans concession la manière avec laquelle l’une des plus grandes banques mondiales a été mise en péril par l’ex trader Jérôme Kerviel.

Le livre a été publié peu après le procès de ce dernier dont le jugement a été rendu en octobre 2010. Captivant du début à la fin, l’ex « dir’ com » détaille avec beaucoup d’émotions la découverte puis la gestion des soucis engendrés par les actions tentées par Jérôme Kerviel. Ce dernier est logiquement traité avec mépris dans le livre vu que c’est lui qui est, selon l’auteur, l’unique responsable de la période de troubles traversés par l’une des plus grandes banques françaises.

Hughes Le Bret, l’auteur faisait partie à l’époque des faits, de l’état-major de l’entreprise et a été au plus près de tous les faits et gestes du patron de la banque, Daniel Bouton, durant cette période de crise sans précédent. Tout a commencé pour l’auteur le dimanche 20 janvier 2008 vers 10H30 quand son patron, Daniel Bouton donc l’appelle sur son portable, comme il le raconte comme suit, dans les premières pages du livre….

 » C’est ainsi que tout a basculé. Ce jour là, je lis le journal dans mon salon, lorsque je reçois un coup de fil de Daniel Bouton. (…) Voir le nom du P.-D.G de la Société Générale un dimanche matin est de mauvaise augure. Je suis le Directeur de la communication de la banque depuis huit ans. Daniel m’a rarement dérangé…… »
Avec toute la minutie qui sied à son travail, Hughes Le Bret livre un récit à la fois acide, cash, concis, parfois très dur contre Jérôme Kerviel et rempli d’une émotion très digne.

« La semaine où Jérôme Kerviel a failli faire sauter le système financier mondial »
Hughes Le Bret
Editions Les Arènes.
18,80 euros.

« Insecte »

Ecrit en 2005 par la jeune auteure Claire Castillon, « Insecte » est un ensemble de nouvelles toujours plus décalées et inattendues les unes que les autres, ayant pour thème central les relations mère/fille.

Dans son style à la fois distant et personnel, Claire Castillon nous fait voyager, par ses textes, dans des univers à la fois décalés, différents et parfois loufoques. Toutes ses nouvelles sont écrites de façon directe, percutante, sans fioriture. Elle utilise parfois le « je » sans laisser le moindre indice permettant de savoir si c’est vraiment une nouvelle autobiographique ou si l’auteur parle d’un autre en employant malgré tout la première personne du singulier.

« Insecte »
Claire Castillon
Editions Fayard.
13,30 euros

« Ticket d’entrée »

Franchement corrosif, drôle, polémique, le nouveau roman de Joseph Macé-Scaron (directeur adjoint de l’hebdomadaire « Marianne », directeur du « Magazine Littéraire ».) ne manque pas de piquant. Au travers d’un personnage détonnant, Benjamin Strada, l’auteur a rédigé un roman qui ressemble beaucoup à une autobiographie qui ne dit pas son nom. Il décrit avec malice la vie d’un homme qui réside à Paris et baigne dans les hautes sphères du journalisme et fait partie de la crème des journalistes parisiens, au vu de son poste dans le magazine « Le Gaulois ». Il raconte les journées de travail, les rencontres, les soirées plus ou moins huppées du tout-Paris, les voyages de cet éminent journaliste qu’est Monsieur Strada.

Au travers de son personnage principal, l’auteur montre aussi les bons comme les mauvais côtés de la vie d’un journaliste à Paris. Il ne cache rien de la vie de ce journaliste parisien, le fameux Benjamin Strada, même les moments les plus intimes.

Profitant d’un week-end avec son compagnon à Barcelone, il ne cache rien de leur vie intime  « Je ne pouvais plus retarder la chose. Je l’aidais à se mettre à quatre pattes et m’activait sur un rythme qui pourrait passer non pas pour de la passion mais pour de l’intérêt. Tout à coup, Renaud se retourna et saisit ma queue. (…) Je n’étais pas un égoïste et je terminai ma besogne jusqu’à ce que Renaud ait poussé un grand cri qui, cette fois, devait être de plaisir. »
Tant il détaille sa vie privée jusque les moindres recoins de sa vie intime, tant l’auteur ne cache rien non plus des avantages qu’offre son statut et des rencontres qu’il fait, notamment avec les grands patrons de presse, tel Charles Sabot, et d’éminents confrères comme Georges Piot, dans le livre. « J’arrivais dans son bureau. (…) Il fallut cinq jours aux eaux pour se retirer, à la terre pour émerger et cinq heures au Gaulois Magazine pour se doter d’un nouveau rédacteur en chef. L’ancien, Georges Piot, m’accueillit en fumant une cigarette américaine dans son fauteuil pivotant allemand. Sur son bureau danois très brillant, il avait appuyé deux chaussures italiennes très luisantes qui, s’y reflétant, avaient l’air de quatre chaussures italiennes. J’étais assis, très raide, face à lui, avec une expression déférente et mes pieds étaient vrillés l’un à l’autre. »…

Un très bon roman, ressemblant à une autobiographie qui ne dit pas son nom. Joseph Macé-Scaron a d’ailleurs reçu, en juin dernier, le Prix de la Coupole 2011 pour ce livre

« Ticket d’entrée »
Joseph Macé-Scaron
Editions Grasset / 18,05 euros

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